Qu’est ce que le Bruxisme ?

causes et traitements du bruxisme - Docteur Chardain

Dr Chardain

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02 septembre 2020

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Le bruxisme se définit comme une contraction involontaire et inconsciente des muscles masticateurs.

Les muscles masticateurs permettent la fermeture de la bouche ; ils font partie des plus puissants muscles de l’organisme.

En situation normale, les dents n’entrent en contact que quelques dizaines de minutes par jour pour assurer la mastication.

En cas de bruxisme, il se crée des contacts occlusaux forcés et prolongés, parfois pendant plusieurs heures, pouvant ainsi causer des symptômes douloureux, une abrasion dentaire, et à terme une atteinte articulaire.

Diurne ou nocturne, centré ou excentré, primitif ou secondaire, les présentations cliniques sont multiples, et le diagnostic souvent posé tardivement.

Le traitement du bruxisme a un triple objectif : soulager les symptômes, protéger l’organe dentaire, et idéalement traiter la cause.

Tableau clinique du bruxisme – qu’est ce que le bruxisme ?

La présentation clinique est variable.

Statistiquement, les femmes sont 4 fois plus touchées que les hommes.

Le bruxisme peut être centré (les dents sont serrées et « verrouillées ») ou excentré (les dents glissent les unes sur les autres créant un grincement). Il peut survenir la nuit, plus rarement le jour.

En cas de bruxisme nocturne, c’est souvent le conjoint qui se plaint de bruits, grincements ou claquements pendant la nuit. Le patient peut ressentir des céphalées au réveil, avec difficultés d’ouverture buccale s’améliorant progressivement.

Le bruxisme diurne est plus difficile à percevoir, car il s’agit d’un mouvement inconscient associé à une activité consciente. Ce bruxisme serait moins pourvoyeur de complications dentaires.

Quel que soit son horaire, le bruxisme est favorisé par le stress et l’anxiété.

De nombreux symptômes lui sont attribués, parfois à juste titre, parfois par excès : céphalées, douleurs cervicales, acouphènes, vertiges… Le lien entre ces différents symptômes n’est pas toujours évident.

Bien souvent le bruxisme est diagnostiqué par le dentiste ou le chirurgien maxillo-facial au cours d’un examen de la cavité buccale.

Cet examen pourra révéler une abrasion des dents (usure), des fêlures voire des fractures.

L’hypertrophie et la sensibilité des muscles masséters et des temporaux est souvent évidente.

Le type d’occlusion dentaire, les amplitudes d’ouverture buccale, la présence d’un édentement, d’implants ou de couronnes sont recherchés, de même que des signes articulaires (claquement, ressaut, subluxation…)

Il est important au cours de l’examen de faire prendre conscience au patient du symptôme et de la nécessité de le traiter.

Gouttières pour le bruxisme

Une gouttière de libération occlusale en résine acrylique est fréquemment proposée.

Son premier intérêt est de protéger les dents d’une usure prématurée. Généralement portée la nuit pendant les périodes de recrudescence du bruxisme, la gouttière peut également être portée le jour pendant certaines activités (conduite, pratique sportive…)

L’autre intérêt de la gouttière est de permettre la  » déprogrammation neuromusculaire »  du système stomatognathique , c’est-à-dire de déprogrammer les « mauvaises habitudes » occlusales.

En empêchant l’intercuspidation c’est-à-dire emboîtement des dents, les gouttières font disparaître les malocclusions, modifient et redistribuent l’influx sensoriel des dents, entraînant ainsi la perte de la mémoire occlusale ce qui aboutit à la disparition progressive des contractions musculaires.

Kinésithérapie pour aider à traiter le bruxisme

Toutes les thérapies manuelles ont démontré leur utilité dans la gestion des symptômes liés au bruxisme. Qu’il s’agisse de kinésithérapie ou d’ostéopathie, ces approches permettent la prise de conscience de la contracture musculaire, et autorisent les approches dites de « biofeedback », dans lesquelles le patient peut intervenir consciemment sur la fonction.

Par ailleurs, les massages des muscles masticateurs, mais également des muscles cervicaux et de la ceinture scapulaire permettent un soulagement global des tensions liées au bruxisme.

Toxine Botulique et bruxisme

La toxine botulique (Botox) permet de bloquer la contraction musculaire, en agissant au niveau des jonctions neuro-musculaires. Elle peut être utilisée en injection au niveau des masséters, permettant leur relâchement, et souvent la diminution de leur volume. Les deux côtés sont systématiquement traités au cours d’une même séance.

Les injections de Botox se font au cabinet, et ne sont pas douloureuses.

Le principal inconvénient est le caractère transitoire de leur efficacité (environ 6 mois), avec la nécessité de répéter les injections. Ce traitement n’est pas proposé en cas de lésions articulaires associées, et n’agit que sur la composante neuro-musculaire (crispation musculaire).

Il a donc un intérêt en cas de bruxisme relativement récent et douloureux.

Il faut noter que les injections de Botox ne sont pas prises en charge par la sécurité sociale.

Traitements médicamenteux pour le bruxisme

Dans certains cas, des antalgiques ou anti-inflammatoires pourront aider à passer un cap douloureux.

Les myorelaxants sont une autre famille de médicaments permettant un relâchement musculaire et dont l’utilisation présente un intérêt dans le cas de bruxisme nocturne.

Enfin, lorsqu’un contexte psychologique s’associe au tableau, il est prouvé qu’une aide à ce niveau à un effet bénéfique sur les symptômes (qu’il s’agisse d’un traitement médicamenteux ou de séances avec un thérapeute).

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