Greffes osseuses : quels matériaux de comblement ?

Matériaux de comblement pour greffes osseuses | Dr Chardain

Dr Chardain

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31 janvier 2020

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La pose d’implants dentaires nécessite parfois un aménagement préalable du site implantaire, en particulier lorsque le volume osseux est insuffisant : il s’agit du domaine des greffes osseuses.

Les techniques de greffes osseuses sont très variées. Certaines utilisent des tissus « durs », généralement sous forme de plaquettes qui seront vissées au site déficitaire, et d’autres des matériaux « particulaires », sous forme de poudres utilisées pour combler une cavité (sinus, alvéole dentaire…).

Les éléments analysés dans le choix d’un matériau de comblement sont les suivants : facilité d’utilisation ; pouvoir ostéo-inducteur et ostéo-conducteur (c’est-à-dire aptitude à induire la formation d’os et à en favoriser la croissance) ; résistance mécanique ; caractère résorbable ou non ; coût.

Ces différents aspects sont discutés avant la mise en route du traitement, en tenant compte de la nature de la greffe à réaliser, du volume du déficit osseux, du coût des matériaux et des préférences du patient.

Greffons osseux

Cela peut sembler évident, mais le matériau le plus à même de recréer de l’os est… l’os lui-même.

Plusieurs solutions sont envisageables :

  • Autogreffes : très en vogue au début des années 2000, elles sont aujourd’hui beaucoup moins réalisées. Le principe est de prélever un greffon osseux directement sur le patient, de le transformer en poudre, avant de le greffer au site déficitaire. Différents sites de prélèvements sont décrits (région de la dent de sagesse inférieure ou du menton, voûte crânienne, aile iliaque…). Ces techniques donnent de très bons résultats mais sont longues à mettre en œuvre, et plus invasives avec un risque de complications au site donneur. Elles sont aujourd’hui plus rarement employées.

 

  • Allogreffes : il s’agit d’une des techniques les plus performantes et sûres. On utilise de l’os humain prélevé sur donneur vivant au cours de chirurgies orthopédiques (il s’agit généralement de têtes fémorales). Cet os est collecté par des banques de tissus humains, organismes accrédités soumis à une réglementation très stricte. L’os de banque est irradié, déprotéinisé, stérilisé, lyophilisé, et vendu sous forme de seringues préremplies ou de plaquettes osseuses. Les donneurs sont contrôlés par un interrogatoire et un diagnostic sérologique, ce qui permet d’éviter tout risque de transmission de maladies infectieuses. Le coût des matériaux est élevé, mais les résultats sont aussi bons et la procédure plus légère qu’une autogreffe.

 

  • Xénogreffes : les xénogreffes utilisent le même principe, mais avec de l’os animal (bovin ou porcin généralement). Les animaux sont issus d’élevages dédiés, et tracés pour éviter tout risque infectieux. Bien que meilleur marché que l’os de banque humain, le Docteur Chardain ne vous proposera pas l’utilisation de ces matériaux par principe de précaution, notamment face au risque d’encéphalopathie spongiforme bovine (maladie de Creutzfeldt Jakob). Il semble toutefois que les taux de succès des xénogreffes soient équivalents à ceux des allogreffes et autogreffes.

 

Substituts osseux

Certains patients ne souhaitent pas l’utilisation de tissu osseux pour la réalisation de greffes, aussi l’industrie a-t-elle développé de nombreux matériaux synthétiques (dits « alloplastiques »).

Ces composés sont généralement de la famille des céramiques phospho-calciques ou des bioverres.

Les substituts osseux les plus couramment utilisés sont :

  • L’hydroxyapatite : d’une densité variable, ce matériau est ostéo-inducteur et non résorbable, ce qui permet de créer une « matrice » dans laquelle l’os néo-formé se développe.
  • Le phosphate tricalcique : ce matériau résorbable ne stimule pas la croissance osseuse, mais permet sa conduction. Différentes densités de phosphate tricalcique existent.
  • Les céramiques biphasées sont des associations des deux précédents produits.

D’autres matériaux alloplastiques peuvent parfois se discuter, tels que les bioverres ou les ciments acryliques, mais leur utilisation est beaucoup plus restreinte.

 

Conclusions

De très nombreux matériaux de comblement existent, et l’analyse de la littérature récente ne semble pas montrer de supériorité entre les différents types de greffons osseux (autogreffe, allogreffe, xénogreffe), ce qui signifie que leurs taux de succès sont équivalents.

Dans notre expérience en revanche, les résultats obtenus avec des substituts osseux (hydroxyapatite ou phosphate tricalcique) sont moins bons que ceux obtenus avec de l’os, et ce quel que soit le type de greffe (sinus lift, comblement alvéolaire, greffe d’interposition…). Leur utilité comme matériau d’appoint peut toutefois être concédée, notamment dans des cas de résorption péri-implantaire.

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