Stratégie thérapeutique pour l'articulation temporo-mandibulaire - Dr Chardain

Stratégie thérapeutique

Selon la nature du problème (méniscal, musculaire, occlusal, fonctionnel ou organique), différentes solutions existent.

La réponse thérapeutique doit être graduée, en privilégiant au début les traitements les plus simples, et en cas d’échec, en recourant aux approches plus sophistiquées.

L’élément fondamental est de poser dès le départ le bon diagnostic, afin de proposer une stratégie thérapeutique « sur mesure ».

Nous présenterons ici les principales ressources thérapeutiques.

Traitements de première ligne

Traitement médicamenteux

Les antalgiques, anti-inflammatoires et myorelaxants peuvent avoir une efficacité sur certains épisodes douloureux aigus. Différents traitements anti-arthrosiques d’action lente sont également disponibles, bien que leur efficacité ne soit pas clairement établie. Dans le cadre des maladies rhumatismales, le traitement de fond de la maladie causale (quand il existe) est généralement efficace sur l’atteinte de l’ATM.

Physiothérapie

Les massages et la rééducation maxillo-faciale par un thérapeute expérimenté est généralement d’une grande efficacité. En cas de nécessité, le Docteur Chardain vous adressera vers un correspondant spécialisé dans la rééducation des ATM. Il vous reverra systématiquement à la fin de votre rééducation pour en évaluer l’efficacité.

Le kinésithérapeute vous apprendra généralement un certain nombre d’exercices et de manœuvres à réaliser sous forme d’auto-rééducation pour entretenir le résultat.

A noter que les techniques de gestion du stress ont également montré leur efficacité comme adjuvant dans le traitement des désordres temporo-mandibulaires. Ces approches complémentaires peuvent améliorer les choses lorsque le stress se surajoute (notamment en cas d’atteinte fonctionnelle).

Gouttières de surocclusion

Elles ont un intérêt chez les patients bruxomanes, tout d’abord en protégeant l’émail dentaire. Par ailleurs l’interposition d’une plaque en résine acrylique ou en silicone permet de détendre les muscles masticateurs et d’éviter l’hyperpression au niveau articulaire, d’où leur utilité dans certaines dysfonctions méniscales et SADAM.

A noter que les gouttières ne doivent généralement pas être portées de façon continue, mais uniquement lors des phases de recrudescence douloureuse. Le Docteur Chardain pourra vous prescrire ces gouttières.

Equilibration occlusale

En réalisant des meulages sélectifs, l’occlusodontiste pourra parfaire votre occlusion dentaire et améliorer votre confort articulaire. En effet, une instabilité occlusale peut être la cause de douleurs, et de mouvement parasites de « latéro-glissement » à l’origine de gêne articulaire.

En cas de nécessité, le Docteur Chardain vous dirigera vers un occlusodontiste. Une situation particulière est celle de l’absence de calage molaire, pouvant justifier un appareillage ou la pose d’implants dentaires. Dans certains cas une prise en charge orthodontique (voire ortho-chirurgicale) pourra également se révéler nécessaire.

Traitements de seconde ligne

Infiltrations de corticostéroïdes

Les injections de corticoïdes dans l’espace articulaire permettent souvent de réduire les douleurs inflammatoires. Cette approche est directement inspirée des infiltrations réalisées en rhumatologie. Leur efficacité n’est pas immédiate, ni systématique. Elle est surtout transitoire, et permet de retarder le recours à des traitements plus invasifs. Elle s’envisage généralement en cas de douleurs inflammatoires résistantes aux traitements de première ligne, ou parfois en association avec une arthrocentèse.

Toxine botulique (Botox)

Les injections de Botox dans les muscles masticateurs (masséters, temporaux, ptérygoïdiens) permettent de bloquer la jonction neuro musculaire et de réduire les contractions musculaires à l’origine du bruxisme. Le principal inconvénient est le caractère transitoire (environ 4 mois) de l’efficacité de ce traitement. Pour autant, certains patients sont très nettement améliorés par les injections de toxine. Certaines équipes ont proposé l’injection de toxine botulique intra-articulaire dans le cadre de dysfonctions méniscales chroniques, avec semble-t-il de bons résultats.

Chirurgie mini-invasive

L’arthroscopie mais surtout l’arthrocentèse sont des procédures simples qui ont montré leur efficacité dans les dysfonctionnements méniscaux, luxation méniscale irréductible ou réductible, arthrose, capsulite, et synovite résistants aux traitements de première ligne. Ces gestes sont peu invasifs et d’une efficacité remarquable lorsqu’ils sont pratiqués à bon escient.

Traitements de troisième ligne

Chirurgie ouverte

C’est un traitement de dernière intention, dont les indications sont aujourd’hui très limitées. La chirurgie « ouverte » de l’ATM garde des indications formelles (tumeurs, ankylose osseuse, hypercondylie), et des indications relatives en cas de résistance aux traitements de seconde ligne. Cette chirurgie a été beaucoup décriée ces dernières années ; pour autant, elle reste une arme efficace dans certaines indications, à conditions de respecter des règles strictes.

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