Pathologies de l’articulation temporo-mandibulaire - Dr Chardain Nogent-sur-Marne

Pathologies

Les pathologies de l’articulation temporo-mandibulaire sont extrêmement fréquentes, et malheureusement mal connues. Ainsi, de nombreux patients ne sont traités qu’après plusieurs années d’errance diagnostique.

Schématiquement, on peut opposer les atteintes fonctionnelles (sans lésion anatomique), dans lesquelles l’articulation ne fonctionne pas normalement mais sans être endommagée, et les atteintes organiques, dans lesquelles un des constituants de l’articulation est lésé. A noter qu’une atteinte fonctionnelle « négligée » peut aboutir en quelques années à une atteinte organique (arthrose notamment).

Nous présenterons ci-dessous tableaux les plus souvent observés.

Les luxations méniscales

Il s’agit d’un déplacement du ménisque articulaire, le plus souvent en avant, mais parfois latéralement, voire en arrière. Le disque mal positionné se comporte comme un obstacle aux mouvements mandibulaires. Ces luxations peuvent être réductibles avec typiquement un claquement articulaire et une ouverture buccale normale, ou irréductibles, avec ouverture buccale limitée à environ 2.5 cm et disparition des claquements.

En cas de luxation persistante, des lésions méniscales peuvent apparaître (lamination, perforation, plicature…) voire des désinsertions ligamentaires. En l’absence de traitement, des lésions arthrosiques finissent par se développer.

Il convient de confirmer le diagnostic par IRM dès que possible, avant d’initier le traitement.

Le SADAM

Le syndrome algo dysfonctionnel de l’appareil manducateur associe des douleurs, craquements, ressauts articulaires. Le tableau clinique peut évoquer une luxation méniscale réductible, mais l’IRM normale redressera le diagnostic : le SADAM est une atteinte fonctionnelle pure, c’est-à-dire sans lésion organique. Ce syndrome est multifactoriel, associant une instabilité occlusale, une hyperlaxité ligamentaire, une hypertonie musculaire, et souvent un contexte d’anxiété.

Le bruxisme

Cette pathologie essentiellement nocturne est sous diagnostiquée. Il ne s’agit pas réellement d’une atteinte de l’ATM, mais plutôt d’une hypertonie des muscles masticateurs (sangle ptérygo-massétérine); elle occasionne une crispation nocturne des mâchoires, en position centrée ou excentrée, avec typiquement des « grincements de dents » audibles.

Le bruxisme responsable de douleurs musculaires au réveil, voire de céphalées, et d’une abrasion des couronnes dentaires. Il est aujourd’hui possible de traiter non seulement les conséquences du bruxisme mais également d’agir sur sa cause.

Les luxations temporo-mandibulaires récidivantes

Certains patients connaissent des épisodes répétés de luxation de la mâchoire inférieure : le condyle mandibulaire se déplace en avant du tubercule zygomatique et ne peut réintégrer la fosse temporale. Cette situation apparaît généralement en cas d’ouverture buccale forcée, et le patient se retrouve « bloqué la bouche ouverte ». La réduction de ces luxations doit être réalisée en urgence. Si ces luxations deviennent itératives, un traitement chirurgical peut s’envisager. Cette situation est rare, et s’observe le plus souvent chez le sujet âgé ou édenté.

Les séquelles de traumatismes faciaux

Les séquelles de fractures mandibulaires sont régulièrement à l’origine de problématiques au niveau de l’ATM. Que le traitement initial n’ait pas été adapté ou qu’il se soit compliqué, de nombreux patients consultent dans les suites de traumatismes faciaux. La prise en charge de ces patients est parfois complexe, et nécessite dans certains cas un traitement chirurgical.

L’arthrose temporo-mandibulaire

Uni ou bilatérale, l’arthrose temporo-mandibulaire est très fréquente. Elle se définit comme une résorption des cartilages articulaires, aboutissant à une usure des surfaces osseuses, avec douleurs, perte de mobilité, et évolution vers l’ankylose (fusion des surfaces osseuses). Cette pathologie évolue par poussées, généralement dans les suites d’un dysfonctionnement méniscal ancien ou négligé.

Différents traitements existent, tant pour soulager les symptômes que pour ralentir l’évolution de l’arthrose, et beaucoup plus rarement pour intervenir chirurgicalement au niveau de l’articulation.

Les maladies rhumatismales

Un certain nombre de pathologies rhumatologiques peuvent comporter une atteinte de l’ATM. Il peut s’agir de dépôts de cristaux, de maladies de la membrane synoviale (chondromatoses notamment), de maladies inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrites) ou infectieuses (arthrite septique).

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