Articulation temporo mandibulaire pour blocages de la mâchoire - Dr Chardain

Articulation temporo-mandibulaire

Les douleurs, claquements ou blocages de la mâchoire sont des symptômes extrêmement fréquents. Ils révèlent souvent un désordre de l’articulation temporo-mandibulaire. Malheureusement ces troubles sont largement sous diagnostiqués.

Cela est d’autant plus regrettable que bien souvent, un traitement simple permet de soulager les patients, et surtout d’éviter l’apparition de lésions permanentes de l’articulation.

Dans d’autres cas, et en particulier lorsque le diagnostic d’atteinte de l’articulation temporo-mandibulaire est posé tardivement, il faudra recourir à des soins plus sophistiqués.

Nous expliquerons ici les principales atteintes de cette articulation, ainsi que les grands principes de prise en charge.

Découvrez l’articulation temporo-mandibulaire

Fonctionnement de l’ATM

L’articulation temporo-mandibulaire (ATM) relie la mâchoire inférieure et le crâne. Située en avant de l’oreille, cette articulation est à la fois l’une des plus petites du corps humain, mais également la plus sollicitée. Sa physiologie complexe doit être bien connue.

L’ATM fonctionne comme un trépied, impliquant les deux articulations (droite et gauche), et l’articulation « dento-dentaire » c’est-à-dire l’occlusion. On ne peut examiner une ATM sans examiner l’articulation controlatérale ni l’occlusion. Ainsi, tout déséquilibre de l’un de ces trois pôles peut occasionner un dysfonctionnement articulaire.

Sur le plan anatomique, l’ATM est constituée de deux surfaces articulaires : le condyle mandibulaire d’une part (« tête de l’articulation »), et la fosse temporale d’autre part («logement »). En avant de la fosse temporale se trouve le tubercule zygomatique, le long duquel se translate le condyle pendant l’ouverture buccale.

Ces surfaces ostéo-cartilagineuses sont séparées par un ménisque cartilagineux qui suit et protège l’articulation lors des mouvements d’ouverture / fermeture buccale.
L’amarrage de ce ménisque repose sur un système ligamentaire complexe, en lien avec les puissants muscles masticateurs (muscle ptérygoïdien latéral notamment).

Ménisque cartilagineux pour traitement d'articulation temporo mandibulaire

Sur le plan physiologique, l’ouverture buccale est un mouvement composé, associant une rotation angulaire du condyle et une translation antérieure le long du tubercule zygomatique (éminence osseuse située en avant de la fosse temporale). On peut la décrire comme une « charnière coulissante ».

Schématiquement, l’ouverture buccale se décompose en deux phases :

  • de 0 à 2 cm : rotation pure de la tête condylienne dans la fosse temporale
  • de 2 à 5 cm : translation antérieure le long de l’éminence temporale

En situation normale, le ménisque suit le condyle dans tous ses déplacements. Les mouvements mandibulaires doivent se faire sans bruit articulaire ni douleur, et permettre une ouverture buccale de 45 à 55 millimètres.

Ménisque et condyle pour ouverture buccale - Dr Chardain Nogent-sur-Marne

Symptômes

Les signes les plus courants des atteintes de l’articulation temporo-mandibulaire sont les douleurs lors de l’ouverture buccale, les blocages, les difficultés à mastiquer, les bruits articulaires (claquement, craquement, crissements…), une sensation d’instabilité ou de ressaut, une modification de l’occlusion dentaire ou une difficulté à ouvrir grand la bouche.

D’autres signes sont parfois présents : maux de tête, douleurs cervicales, vertiges, acouphènes, sensation d’oreille bouchée, grincements des dents la nuit…

Il convient de noter précisément l’ensemble de ces symptômes, et d’en rechercher l’origine (musculaire, ménisco-ligamentaire, fonctionnel…)

Seul un examen clinique approfondi complété par des examens complémentaires permet de poser le bon diagnostic et de proposer le traitement adapté.

Examens cliniques et complémentaires

L’examen clinique est essentiel pour orienter le diagnostic. L’interrogatoire est précis : tous les symptômes cités ci-dessus sont soigneusement recherchés. On s’attachera particulièrement à rechercher des douleurs lors de l’ouverture buccale (à quantifier), des épisodes de blocages, des difficultés masticatoires, des bruits articulaires (claquement, craquement, crissements, grincements de dents nocturnes), une sensation de ressaut, une modification de l’occlusion dentaire ou une difficulté à ouvrir grand la bouche. Tous les autres signes sont également notés (maux de têtes matinaux, vertiges, acouphènes, douleurs cervicales…).

L’examen physique est réalisé en position allongée et assise, car la position du ménisque peut s’en trouver modifiée. On réalise un examen statique et dynamique des articulations, avec mesure des amplitudes articulaires dans les différents mouvement (ouverture, diduction, propulsion). Un soin particulier est apporté à l’examen de l’occlusion dentaire, notamment pour rechercher un mauvais calage molaire, une dysmorphose dento-squelettique, ou des signes de bruxisme.

Enfin, on réalise un testing musculaire de la face, des muscles masticateurs ainsi que des muscles du rachis cervical.

Un bilan d’imagerie par IRM dynamique est quasi systématique : cet examen est aujourd’hui la référence pour le diagnostic des pathologies de l’ATM. Notons que dans certains cas, l’IRM peut être normale sans pour autant exclure le diagnostic.

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